Rechercher
  • Emilien Chevalier

Journal de bord - Semaine 8 : "Ze rabbite and ze turteule" - Elliot RICHARD

Bonjour à tous, on se retrouve pour cette 8e semaine riche en rencontres et en émotions... En espérant que ça vous plaise !


Dubrovnik --> Herceg Novi (Montenegro) : 60km 700D+


Lever vers 6h à l’auberge de jeunesse.

On réalise en sortant nos vélos que l’on sera bientôt au Monténégro et que l’on aura plus de connexion internet la bas.

Il faut donc prévenir nos amis, nos familles, télécharger les plans etc. Comme je suis futé, je contacte directement une auberge de jeunesse au Monténégro pour leur demander s’il est facile d’acheter des cartes sim locales. On me répond que oui, cet appel me coutera rétrospectivement 20€ de hors forfait, une bonne affaire.

En sortant de la ville, on tombe sur 2 allemands Martin et Lukas qu'on avait rencontré à l'hostel a Dubrovnik.

Ils sont partis en stop la veille, et souhaitent rejoindre la prochaine grande ville au Montenegro.

Malheureusement ils n'ont aucune réussite aujourd'hui et songent donc a revenir a Dubrovnik pour prendre un bus les amenant plus loin. On était en effet au milieu de la cambrousse, un dimanche pluvieux où peu de voitures passaient.

C'est 2 grands gaillards, mais ils n'ont qu'une minuscule tartine au fromage pour déjeuner. Comme on prévoit toujours a manger pour douze, on les invite à notre table.

Ils ne semblent pas avoir de réelles idées ou projections pour le futur, que ce soit pour leur voyage ou leurs études. Ils se laissent un peu guider par le vent dirons-nous.

Aujourd'hui, on a décidé qu’on distribuera un peu de notre chance aux autres. C'est donc en mangeant avec nous qu'ils trouvent enfin quelqu'un qui accepte de les ramener à Dubrovnik.


On repart en direction de la frontière. A peine 2 km plus loin, on croise à nouveau un duo d'autostoppeurs. Cette fois, c'est un couple de français. C'est impressionnant, sur toutes les rencontres de voyageurs sur la route, il n'y a eu sans aucune exception que des allemands ou des français. Ils s'appellent Justine et Simon (juandsim_traveltheworld sur Instagram, si vous souhaitez voir ce qu'ils font) et ont respectivement 25 et 28 ans. Ils ont arrêté leur boulot pour voyager en stop pendant 6 mois.

Ils sont très cool, et on voit que ça leur fait du bien de se changer un peu les idées car ils poireautent sur la route depuis maintenant un bon bout de temps.

L'effet Pékin sans Poisse mit peu de temps à faire son effet car ils trouvèrent une voiture 1 minute après nous avoir quitté.

On arrive finalement à la frontière du Monténégro.

Rannou, en tant que grand prévoyant, a totalement zappé de télécharger son pass sanitaire quelque part. Et on a toujours pas d’internet.

Le douanier est très scrupuleux, et nous laisse passer sans hésitation en voyant Rannou dépourvu de solutions.

Le paysage est toujours aussi sauvage, mais les arbres semblent différents, et les montagnes plus imposantes.

On s’arrête pour acheter une carte sim dans le premier kiosque que l’on croise.

Une vingtaine de kilomètres plus tard, on décide de planter nos tentes dans un camping sur la route.

C’est l’occasion de faire un point sur le voyage, on réalise que la piste du bateau pour aller en Asie est hautement incertaine. On décide donc unanimement de reformer le projet initial : Bamako sans Stress. Je rigole, mais on évalue vraiment toutes les autres options que l’on pourrait envisager dans le cas où le plan initial ne se réalise pas. Ça serait trop long à détailler ici, vous finirez bien par découvrir ce qu’il en est après la Grèce.

Camping --> Dobra Voda : 103km, 1000D+

On se lève dans le camping. Une grosse journée nous attend car nous avons 100 km a faire pour rejoindre les copains allemands dans leur maison au Monténégro.

Un ferry nous permettrait de gagner 25 kilomètres de route et beaucoup de temps entre deux points de la côte, mais on se refuse à tricher.


On évolue entre mer et montagnes, les immenses falaises nous font sentir minuscules. Des toutes petites îles avec quelques habitations ou temples jonchent la côte. On roule a bonne allure et on rejoint Kotor, une des villes principales de notre itinéraire du jour assez tôt. On prend le temps de faire quelques images au drone puis on repart.

On est efficace, dans les temps, pas de problème de vents ni de pluie, ça commence à devenir louche. Comme dirait Jamel c'est trop calme, j'aime pas trop beaucoup ça…

Bingo, ma chaine se brise en plein milieu d'une montée.

Cela faisait maintenant plus de 48h que je n'avais pas eu de problèmes techniques, il fallait bien que le destin rétablisse la balance.

Tel Mc Gyver, je répare ma chaine en un claquement de doigt (sous les conseils d'Emilien).

On s'arrête le midi au bord de la mer. Au menu sandwich régalade composé de plein de bonnes choses dont les restes du couscous de Dubrovnik.

Après plusieurs heures de routes, on approche les 85km parcourus, essentiellement composés de montées insupportables suivies de descentes trop courtes.

Il nous reste 20km à faire, le soleil se couche et on commence à être cuit.

On abandonne pas, et on termine par atteindre la fameuse maison des allemands aux alentours de 17h.


C'est du grand luxe, on aurait dit un airbnb pour millionnaire. Il n'y a pas un pet de poussière et tout est vide. Les chambres sont magnifiques, il y a une terrasse avec vue panoramique, la vie est dure.

Senghor accompagne les allemands aux courses pendant qu'on se douche.

On commence à cuisiner. Cette fois ci pas de plan d'attaque, mais de la quantité. Un repas pour 8, c'est déjà gros, mais pour 8 cyclotouristes, c'est un banquet.

On a donc (les quantités sont réelles), fait une énorme salade tomate mozza, suivie d'1kg de riz, de 7kg de patates, avec un gros tas d'aubergines, d'oignons, de poivrons, d'ail etc.

Bien entendu c'est beaucoup trop, et on se rend compte que même en en reprenant on ne pourra pas atteindre la moitié du plat. Pas grave, on aime bien les restes.

Le soir c'est atelier massage. Philipp m’en propose un que j’accepte gracieusement. Je m’endors pendant. Fin de soirée.

Maison au Montenegro —> Lezhë (Albanie) : 55 km

On se lève aux alentours de 6h.

Puisque l'on ne sait jamais quand sera la prochaine, on profite du cadre pour prendre une bonne douche chaude.

Au programme de la matinée, finir les 50kg de nourritures restants de la veille. Plus on en mange, moins on en porte sur le vélo, logique.

Il nous faut aussi une petite heure pour essayer de rendre la maison aussi propre qu'on l'a trouvé.

Comme à chaque fois qu'on roule avec les allemands, on se mange des pentes (et non des pintes) à + de 10° dès le matin. Bien échauffé, on roule une vingtaine de kilomètres avant de rencontrer un voyageur en backpacking (à pieds).

Surprise, il est français ! 2e surprise, il est venu à pied de Tours ! Il s'appelle Simon, il a 28 ans et est un ancien banquier (on est aussi surpris que vous). Cela fait 6 mois qu'il voyage, il n'a pas pris de bus, train, voiture une seule fois depuis le début ! Il souhaite se rendre à Athènes, comme nous, mais on risque d'arriver avant lui. On lui pose plein de questions, sur les raisons de son voyage, son ressenti, ses observations, qu’on prend le soin de documenter pour une fois.

On prend une photo tous ensemble avant de repartir direction la frontière (d'Albanie). C'est donc la 2e frontière qu'on traversa avec nos copains allemands. Pas de course cette fois, il y a l'air d'avoir plus de gardes qu'à l'habitude. Le passage se faisait sans encombre jusqu’au moment où en plus de leur donner ma carte d'identité, je leur demande s'ils peuvent tamponner mon passeport pour garder un souvenir. C'est donc avec grande surprise que j'apprends que mon passeport est expiré depuis plusieurs mois... Nouvelle plutôt inquiétante, mais toujours mieux de l'apprendre ici qu'au bord d'une frontière où la carte ne suffirait pas. Heureusement, ce n’est pas le cas de l’Albanie.

Toujours aussi concerné par la sécurité sanitaire du pays, le douanier se contenta d'un simple "are you vaccined ?" avant de nous croire sur parole. Du bon boulot.

A peine la frontière franchie qu'on ressent une énorme différence avec le Monténégro. La pauvreté se fait sentir malgré les quelques belles maisons contrastant avec les taudis. On ne s’est jamais autant fait saluer sur la route. Tous les jeunes nous sourient et les voitures nous klaxonnent (pour nous encourager pour une fois).

On s'arrête peu après pour faire des courses. Et cette pause s’est avérée être à l’origine de bien trop de rencontres.



D’abord 2 allemands. Nikla et Caroline qui se sont rencontrés la veille sur la route. Caroline a 21 ans, et souhaite rejoindre l’Asie en vélo. Elle est seule, est chargée à 60kg (et oui, c’est plus que nous) et envisage de passer par le Pakistan. En gros elle a peur de rien.

Avec notre groupe de 8, on se retrouve donc à 10 pour pique niquer sur le bord de la route.

Un groupe de 3 jeunes albanais viennent nous voir, étonnés par tous ces vélos. Il y avait Ramsy, son grand frère et son meilleur pote. Ramsy est le seul qui parle anglais, il a 15 ans et s’exprime parfaitement bien. En plus d’être à l’aise dans la langue, il nous parle de sujets profonds et semble très mur pour son âge. Il nous explique qu’ici, il n’y a pas de futur. Que l’université est inaccessible et qu’il ne peut pas réussir sa vie en Albanie. Il a appris les maths et l’anglais car il aimait ça, mais même en étudiant, l’école ne débouche à rien dans sa région. C’est dur d’entendre ça sortir de la bouche d’un adolescent. Cette rencontre m’a vraiment marqué. Avec tous les problèmes qu’on arrive à se trouver en France, leur seul désir est d’habiter dans un pays comme le notre, en amenant leur famille avec eux.

Pendant qu’on discutait, 2 nouveaux cyclistes font leur apparition. C’est un couple, âgé de 26 et 29 ans (je crois) et ils viennent…. de France ! Ils s’appellent Camille et Antoine et devinez quoi, je les suis sur Instagram depuis maintenant 3 mois ! C’est un des comptes Instagram desquels on s’est inspiré pour faire notre communication. Ils sont bien meilleurs que nous, les 2 sont photographes et réalisent des images magnifiques. Leur compte Instagram s’intitule « migratorybikes » si vous souhaitez voir leur contenu !

On repart avec presque tout le monde.

Imaginez 10 gros cyclotouristes qui roulent ensemble. On avance comme une armée et on prend toute la route. Les voitures klaxonnent trop donc on termine par rouler en file indienne. On se sépare des 2 allemands solitaires car on roule trop vite avec nos 4 autres collègues qui bourrinent (toujours les mêmes allemands qu’avant).



On monte le campement à 8 dans un champ un peu éloigné de la route. Emilien lance un gros feu et Lenart nous régale avec un bon petit repas.

Camping sauvage—> Tirana : 94 km

Aujourd’hui c’est objectif Tirana. On se sépare des allemands le matin car ils souhaitent se dépêcher pour avoir le temps de visiter la ville l’après midi vu qu’ils ne prennent pas de jours de pause. Comme on connait leur rythme habituel, la décision de se séparer en 2 groupes s’est fait très rapidement.

On décide de vite quitter la route nationale pour passer par les villages aux alentours. La campagne albanaise est peu dense. Énormément de maisons sont en travaux, ou vide.


On dirait que le pays est en construction. Globalement, on a quand même une forte sensation d’un saut dans le temps. Les commerces, les maisons, les technologies, tout semble provenir d’il y a 15-20 ans. Les métiers sont plus artisanaux, on croise des personnes se faisant tracter par des ânes ou des chevaux. On est totalement dépaysé. Les traits des visages des albanais sont plutôt durs et ils semblent pour la plupart avoir eu un vécu difficile. Malgré cela, c’est l’accueil le plus chaleureux qu’on a ressenti depuis le début.

Après quelques 90km, on arrive enfin à Tirana. Première impression, on dirait New York. 2e impression, les albanais conduisent n’importe comment (au final, c’est juste dans la capitale).

On retrouve les allemands dans leur auberge de jeunesse avant de faire nos adieux. Ils se lèvent à 4h demain car comme on vous le rappelle, ils ne prennent pas de jours de pause. On est tous tristes de se quitter car on aura quand même passé un long moment en leur compagnie et les liens se sont crées assez vites. Comme pour une grande partie de nos rencontres précédentes, on espère que c’est un à bientôt, pas un au revoir.

Jour de pause 1 à Tirana :

Aujourd’hui c’est repos. Le matin j’essaye de trouver des informations pour mon passeport. Je me rends donc à l’ambassade de France à Tirana. Je rencontre Klimen, un père de famille qui tente de renouveler son visa pour la France. Il m’explique qu’il a 2 enfants et une femme et qu’il ne peut pas s’occuper d’eux en travaillant en Albanie. Il n’a pas d’autre choix que de trouver un visa pour l’Europe où il travaille la durée de son visa avant de retourner à sa famille en Albanie. C’est le quotidien de beaucoup d’Albanais apparemment ; le smic étant à 230€ ici, ils gagnent 4 fois plus en étant sous payés sur un chantier en France qu’en travaillant chez eux. Ça fait un choc..

Pour en revenir à mon passeport, je n’ai pas d’autres choix que de le faire à l’ambassade de France à Athènes le 3 décembre (on avait prévu d’y arriver le 6). Je prends donc rendez-vous.

Le soir on pensait sortir mais on quitte l'hostel à 22h15 en oubliant totalement que tout ferme à 23h.

Les 3 rentrent s'endormir devant un film et je continue un peu à me balader dans la ville. Je rencontre Akil, un albanais de 29 ans qui travaille dans un hôtel. Il a travaillé 2 ans en allemagne avant de se faire expulser car il était en situation illégale. Il m'explique qu'il ne gagne pas assez sa vie en Albanie, lui aussi. Il est vraiment sympa et on reste ensemble une petite heure avant de rentrer.

Jour de pause 2 à Tirana :

Une bonne nuit de sommeil plus tard, on part avec Rannou se balader en ville. On tombe sur Emilien en passant dans le quartier des bars et restaurants « Blloku ».

Après avoir mentalement résisté à une dizaine de restaurants, on craque pour un restaurant grec.

On vide corbeilles de pain sur corbeilles de pain, sans laisser une miette sur la table.

Le repas, des linguinis aux crevettes, était excellent et se place facilement sur mon podium des meilleurs repas depuis le départ.

On se pose ensuite dans un parc au soleil pour l’après-midi.

On rencontre un monsieur qui discute avec nous car il nous a entendu parler français. Il se trouve que c'est le responsable budgétaire du ministère de la culture en Albanie (info verifiée). Il me demande même mon Instagram. On imaginerait difficilement un membre du gouvernement français faire la même chose spontanément !

Sur la route du retour, on passe aussi dans une imprimerie pour refaire le drapeau tragiquement perdu à Split.

C'était un moment suspendu dans le temps, la femme qui s'occupe de nous est très minutieuse, très patiente et travaille avec des ordinateurs que nos grands-parents trouveraient anciens. On la regarde faire, en silence. C'est long et les machines marchent mal mais le résultat final est franchement bien.

On termine la journée sur la terrasse de l'hostel qui surplombe toute la ville.

Le plan est de s'endormir devant un film, et il se déroula sans accroc.

Tirana —> Pjezë : 24 km

On a rendez vous à 9h30 pour rencontrer Jade et Yannouk ("perdonslespédales" sur Instagram).

Je les ait contacté sur Instagram car ils ont un projet très similaire au notre, voulant rejoindre la Malaisie depuis la France en vélo.

Coup de chance, ils étaient à Tirana en même temps que nous !

Originaires du Quebec, ils sont partis de Paris il y a 4 mois et étaient maintenant retenus à Tirana car Yannouk s'est fait mal à la jambe.

Au final, une rencontre très chaleureuse et on espère les recroiser à Athènes !

On les quitte vers 11h30 pour rejoindre un magasin de vélo histoire de racheter des chaines, nos provisions étant terminées.

Senghor se fait aussi rajouter une béquille et changer son câble de dérailleur, 2 bonnes choses de faite.

Juste après on s'arrête dans un souk pour trouver des cagettes en plastique, à mettre derrière mon vélo et celui de Senghor.

Erreur de débutant, j'en prends une énorme ce qui va leur permettre de me refourguer trop d'affaires dans le futur... A ce stade de l'aventure, chaque erreur se paye cash.

Senghor en tant que bon malin change son habituel carton contre une cagette moins haute.

Emilien en discutant avec le gérant d'un café nous trouve un toit pour passer la nuit. Et quel toit !

On se fait héberger dans leur nouvelle maison venant à peine d'être construite. Chaque pièce est encore vide et il y a 9 chambres pour 3 étages. On nous laisse donc le choix de l'étage, c'est royal !


On discute avec le gérant Koli à travers sa belle fille Bleona qui s'exprime très bien en anglais. Pour les remercier de leur accueil, on cuisine un gros repas pour toute leur famille.



Elle nous parle de son enfance en Albanie. Elle nous raconte qu’ici, les profs sont corrompus. Elle a toujours été studieuse, apprenait toutes ses leçons par coeur et n’obtenait jamais de bons résultats. Pourquoi ? Car dans son lycée, pour valider une matière, il fallait tout simplement soudoyer le professeur. Le pire, c’est que les profs ne s’en cachaient pas et annoncaient la couleur dès le premier jour de cours. Si vous vous le demandiez, dénoncer ces profs revenaient à renoncer à toute réussite scolaire car les profs étaient amis entre eux. Si l’un d’eux se faisait dénoncer, les autres feraient en sorte que l’élève ne valide aucune de ses matières. On a du mal à s’imaginer un système dans lequel même l’école peut être aussi injuste, ça fait froid dans le dos..

Elle nous parle aussi de certaines régions au nord de l’Albanie, dans lesquelles les femmes vraiment mises en retrait. La bas, il est accepté de tuer sa femme si jamais elle a fauté, en trompant son mari où en réalisant un autre écart. C’est lunaire. Il y a aussi de nombreuses guerres de clans (Vendetta), ce qui fait qu’à certains endroits personne de sort de chez soi, même pour aller à l’école, par risque de se faire tuer. Chaque histoire ou bribe de sa vie qu’elle nous raconte nous rend malade, c’est invraisemblable d’imaginer que de telles conditions de vie puissent encore exister à notre époque. Mais d’un autre côté, c’est pour voir de nos yeux et entendre de nos oreilles ces histoires que l’on voyage dans ces pays la.

Pour l’instant, l’Albanie est notre pays coup de coeur à tous les 4, on va donc ralentir le pas pour y rester le plus possible.

A dans 4 semaines !


Elliot Richard









325 vues3 commentaires

Posts récents

Voir tout