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  • Emilien Chevalier

Journal de bord - Semaine 6 : "Bez stresa" - Emilien

Salut !


C’est déjà la fin de la sixième semaine de notre périple.

Nous avons passé 7 belles journées sur les terres croates et avons, tant bien que mal, réussis à esquiver les averses qui nous menacent depuis un moment.

Pour vous expliquer tout ça, c’est Emilien qui se colle à la rédaction cette semaine. Avec un grand plaisir évidement !


On reprend donc où on s’était arrêté la semaine dernière… difficilement !



31/10 : Repos pas vraiment mérité (Riejka)


Le réveil est difficile, la soirée de la veille, même très drôle, nous laisse un petit mal de crâne et la location pour deux ne nous laisse pas la place pour nous oxygéner la tête. C’est donc la tête lourde et les jambes engourdies que l’on quitte le centre-ville de Rijeka en direction de Cikovici, où Duska, notre hôte CouchSurfing nous attend. Les 8 kilomètres qui nous séparent de sa maison sont interminables : montées, voitures et fatigue… on arrive exténués dans le bel appartement de Duska. C’est la première expérience sur CouchSurfing pour cette trentenaire très sportive. On tente donc de la mettre à l’aise malgré notre montagne de bagages. Elle semble très attachée au rangement et au ménage vue l’extrême propreté de sa maison. C’est un peu loin de notre mode de vie, mais on s’y plie évidemment. C’est drôle mais elle semble s’être trompée en s’inscrivant sur cette plate-forme en cherchant plutôt un site de rencontre… On doit déjà la quitter car elle prévoit une sortie en randonnée l’après-midi. L’occasion aurait été belle pour visiter la région mais on est vraiment trop fatigués pour l’accompagner (et je me suis un peu tordu la cheville la veille). On se retrouve donc à errer dans les rayons de Plodine, le supermarché du coin, pour trouver de quoi manger. Après un repas tout à fait équilibré, à base de différents Štrukli, (sorte de feuilletés au fromage, une spécialité croate), on se sépare pour visiter les alentours.




Après s’être rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à voir dans cette petite ville de banlieue, on se retrouve en fin d’après-midi dans un magnifique bar-restaurant qui prépare une grosse soirée pour Halloween.



La tentation est forte (un des serveur nous réserve même une table) mais on reste raisonnables et rentrons chez notre hôte. On rattrape notre manque de sommeil et se préparons mentalement pour la semaine de pluie qui nous attend…





1/11 : Il fallait bien que ça arrive ! (Cikovici - Smrimka : 33km)


Nouvelle semaine, nouveau mois, nouveau temps : la pluie. Annoncée depuis plusieurs jours, elle tombe fort et sans discontinuité. Notre bonne étoile nous a lâché, donc on doit faire sans.



On enfile donc pour la première fois nos vêtements de pluie mais ça ne suffit pas vraiment : j’ai les pieds trempés au bout de cent mètres. Tant pis, on avance le long de la côte aussi bien qu’on peut.



L’ambiance d’une Toussaint pluvieuse est particulière, surtout dans un cimetière où l’on s’arrête remplir nos gourdes. Plutôt croyants, les croates ont rendu visite à leurs morts et ont embellis leurs tombes, notamment avec des lampes funéraires rouges.








C’est très beau. La pluie cesse un peu donc on essaye d’avancer le plus possible… mais nos estomacs de jeunes hommes nous rappellent vite à l’ordre. On fait donc une pause sur la terrasse d’un restaurant surplombant une belle lagune. Avec un beau ciel orangé, l’ambiance est toujours très particulière.




On repart couverts car pensant que la pluie va reprendre… pas une goutte jusqu’à Smrimka, une petite ville où l’on s’arrête pour la nuit. Même en essayant de l’anticiper, la nuit tombe très vite donc le bilan sportif de la journée est presque ridicule : 33kms. Après de nombreuses tentatives, on finit par poser nos matelas sous le porche d’un restaurant (avec l’accord du propriétaire évidemment). On nous a refusé plusieurs fois l’hospitalité car la région semble très touristique et de nombreux appartements sont à louer. Ce n’est pas trop notre démarche et on préfère mettre notre confort de côté pour cette nuit.



2/11 : A travers les gouttes (Smrimka - Licko Senjska : 63km )


Le réveil de 6h n’est pas très drôle mais on n'a pas le choix : le changement d’heure couplé à notre basse latitude font que le soleil se couche vers 17h. On part donc aux alentours de 8h. Le ciel est très chargé mais pas de pluie. On en profite pour rouler le plus possible. Avec un petit faux-plat descendant, on dépasse les 20km/h de moyenne. Peut-être pas un miracle pour vous mais un grand moment pour nous ! Tout va bien jusqu’à que la roue arrière du vélo d’Elliot (Richard, plus besoin d’expliquer je suppose ?) fasse un gros bruit inconnu. Pause obligée. On démonte tout, on demande de l’aide à Ludo, un ami plus expérimenté (merci encore !) et Alex, un des experts de chez BikeCorner (un atelier de réparation de vélo à Grenoble, où nous avons travaillé avant le départ). On ne trouve pas la source du problème mais le bruit cesse en remontant la roue… Pas rassurant mais on n'a pas trop le temps de s’attarder là-dessus. Surtout que le ciel se dégage et que la pluie est annoncée dans la soirée. Il faut donc qu’on roule le plus possible. Toujours le même problème : nos estomacs.


On s’arrête manger (presque) rapidement dans un camping fermé (toujours avec l’autorisation du propriétaire).




Le coin est vraiment magnifique donc j’en profite pour faire une vidéo avec le drone. Je tente un plan passant proche d’un arbre…trop gourmand ! Résultat : une aile cassée et une belle frayeur. On s’en sort bien !


La pression du temps continue de peser donc on avance le plus possible mais on se retrouve rapidement au milieu de nulle part, sans eau et aucune habitation en vue. On finit par trouver un paysan qui accepte gentiment de nous donner de l’eau mais nous refuse le logement.


Le soleil se couche dangereusement et on n'a pas trop d’autres solutions donc on s’installe sous le porche d’un « apartman » inhabité. Il y en a énormément dans la région. C’est une des faces cachées du tourisme estival. Sans l’accord de personne cette fois, on pose nos matelas en face de la mer adriatique.





Elliot et Senghor font leur première partie d’échec, Rannou lit et j’appelle mes grands-parents. La pluie nous réveille vers 1h du matin… pas très agréable mais on se rendort sans soucis. Etonnement, c’est presque agréable d’être au chaud dans son duvet quand il fait ce temps.



3/11 : Un nouveau problème… (Licko Senjska - Karlobag : 48km)



Après un réveil frais et humide, on a la désagréable surprise de ne pas retrouver notre pain, laissé sagement de côté la veille. Tout nos soupçons se tournent vers le gentil chat qui a passé la soirée avec nous. Même dans nos sacoches fermées, il a trouvé le moyen de le manger et de déchirer notre sac isotherme, le semblant de « frigo » que nous transportons. Bon à savoir pour la suite : ne jamais faire confiance aux animaux, même mignons. On peut voir ça comme notre contribution pour cette nuit passée sur son territoire. Pas d’inquiétudes, on quitte les lieux le ventre plein. On déguerpit rapidement de notre camping illégal (tout est propre, c’est promis).


On semble avoir retrouvé notre bonne étoile puisque la pluie s’est arrêtée à notre réveil et que le ciel se dégage doucement. Mais c’est sans compter le vent qui nous souffle en plein visage et le massif qu’il nous reste à traverser. Et là ça devient nettement moins drôle : impossible de dépasser les 10km/h, même en descente (oui ça souffle vraiment fort). 2 puis 5 puis 10 kilomètres, ça commence à être difficile ! D’autant plus que ces 2 jours un peu sauvages ont épuisé nos stocks de nourriture et qu’aucun supermarché n’est en vue. On est sur un plateau au milieu de nulle part et la prochaine ville est à 14 kilomètres. C’est beaucoup dans ces conditions. On n'a pas tellement le choix de toutes façons… donc on avance. Après une bonne hypoglycémie pour moi, on arrive enfin à Karlobag, une petite ville touristique… mais on est les seuls touristes ! Tous les restaurants sont fermés donc on se rabat sur la petite supérette.



Entre temps, la pluie fait de nouveau son apparition, donc l’idée de reprendre les vélos ne nous enchante qu’à moitié. On demande au gérant d’un café s’il ne connait pas un coin abrité pour la nuit et il propose de louer un appartement juste au dessus de son café. Belle coïncidence et solution de facilité, on craque pour ce confort. Mérité ? Personne ne le saura jamais. C’est très grand et très bien équipé (3 chambres, quel luxe!) donc on se repose, on prépare des repas pour les jours à venir et on regarde notre premier film ensemble ! Quelle émotion ! (C’est le film animé « Le chant de la mer », on recommande !)



La fatigue nous rattrape rapidement et seul les Elliot.t arrivent à le terminer. La pluie ne s’est toujours pas arrêtée et il est prévu de pleuvoir le lendemain également… donc pas de réveil !


(Trop peu cinématographique, cette journée n'a pas mérité plus de photos)



4/11 : Plein les yeux (Karlobag - Reljani : 56km)


On quitte Karlobag vers 12h après un bon brunch. On roule toute l’après-midi, toujours en longeant la mer adriatique. Le paysage ne change pas beaucoup mais ce n’est vraiment pas un problème ! Des kilomètres de petites routes en lacet, avec la mer à notre droite et le massif du Velebit à notre gauche.




On aperçoit même quelques petits geysers dans l’eau mais on n'a jamais entendu parler de sources chaudes dans la région… ça restera un mystère. L’après-midi passe en un éclair et le bonheur visuel continue au moment de planter la tente au bord de l’eau : on admire un des plus beau coucher de soleil depuis le début du voyage. On en profite pour faire un magique concours de ricochets. On est profondément heureux, il ne nous faut rien de plus.






Mis à part peut-être du feu…

Or le sol est humide depuis un moment et on trouve peu de bois sec. Mais la tentation est trop grande. Après pas loin d’une heure d’acharnement et pas loin d’une dizaine de tentatives, on finit par l’avoir ! Il faut être honnête cependant, on a du recourir à l’essence pour le faire partir. On a encore une belle marge de progression sur ce point.


On passe une bonne « soirée » ensemble avant de se coucher, vers 21h ! Ces derniers jours n’ont pas été nos meilleurs performance sportives et ça nous a retardé un peu sur notre planning. On envisage donc de prendre un bus ou un train en fin de semaine pour pouvoir fêter l’anniversaire de Senghor à Split, une ville dont on nous a beaucoup parlé.



5/11 : Il suffisait de demander (Reljani - Zadar : 51km)


On quitte notre magnifique spot de camping aux alentours de 8h30 pour aller en direction de Zadar. On prévoit d’y prendre un bus pour nous avancer jusqu’à Sibenik afin d’arriver à temps à Split. Après une grosse matinée (51kms et 600m de dénivelé), on arrive à Zadar où l’on goute la gastronomie croate pour la première fois. Soupes de pois cassés, maquereaux, morue et choux farcis à la viande hachée et au riz (sarma).


C’est très bon mais ça ne nous aide pas à remonter sur les vélos. On s’organise comme on peut pour trouver le fameux bus. Mais on rencontre Medo sur la terrasse du restaurant. Après lui avoir expliqué notre voyage, on lui demande s’il n’y a pas un endroit sympa pour camper proche de la ville si jamais le bus ne veut pas de nos vélos. Et le miracle opère : Medo nous donne rendez-vous dans un de ses appartements, en plein centre de la vieille ville. Evidemment, c’est du grand luxe : 3 chambres et autant de salle de bain. On a à peine le temps de le remercier qu’il nous quitte pour retrouver sa vie bien remplie d’entrepreneur. On s’échange nos numéros pour aller boire un verre ensemble le soir.


Cette bonne nouvelle nous enchante mais change encore nos plans. On décide donc de prendre le bus le lendemain et d’aller directement à Split. Cela nous libère l’après-midi pour gérer nos petits problèmes de vélo.


Evidemment, Rannou qui n’a jamais de problèmes techniques, profite de cette magnifique opportunité pour faire une sieste de quelques trois heures. Rien que ça. Richard fait détordre son dérailleur et se renseigne pour le bruit inquiétant du début de semaine, Senghor re-fixe sa béquille et change de chaîne (en pas moins de deux heures, bel exploit) et je change de pneus et fait réparer mon porte bagage, qui tenait grâce à de vulgaires serre-flex depuis presque mille kilomètres. Après-midi bien rentabilisée donc.


Après un beau festin (je vous promets que l’on essaye de ne pas trop parler de nourriture, mais c’est une des composantes les plus importante de nos journées), on retrouve Medo dans un bar où la musique est bien trop forte. Difficile de s’entendre donc on se contente de hocher la tête quand on décroche des beaux monologues de notre hôte. Medo est un entrepreneur croate, originaire de Zadar. Il possède 6 magasins de cosmétique artisanal et quelques appartements dans toute la région des Balkans. Il est très dynamique et inspirant et a beaucoup voyagé à pied en Europe. Il a donc de belles histoires à nous raconter et de beaux discours, chargés de force et d’encouragement. C’est un personnage si particulier qu’il parait, dans certains aspects, imbus de lui même et un peu égocentrique.


Mais c’est un des objectifs de notre voyage : rencontrer des gens très différents, qu’ils aient ou non nos valeurs. Après cette journée épuisante (au moins autant qu’une journée de vélo), on rentre dans notre hébergement en passant par « l’orgue marin », un grand instrument de musique expérimental installé sous un escalier et actionné par les vagues. C’est très original et plutôt agréable à écouter !




6/11 : La triche (Zadar - Split : 120km)

Le changement de programme nous a libéré du temps donc on ne se presse pas… réveil 12h. On prend du temps pour appeler nos familles et nos amis et pour lire un peu. On se dirige vers la gare routière pour prendre le bus tant attendu.


On prévoit une heure d’avance pour s’assurer de bien pouvoir mettre nos vélos dans le bus et de s’organiser autrement si nécessaire. On retrouve Medo avec qui on partage un dernier café. L’occasion de le remercier une énième fois et de prendre la fameuse photo de groupe.




Après un refus de la part d’une compagnie de bus, un chauffeur d’une autre compagnie accepte que l’on envahisse sa soute de nos quatre vélos et de notre vingtaine de sacoches. On s’assure de bien caler tout ça et on prie pour que tout se passe bien. Au final, le bus c’est clairement moins de fatigue musculaire mais beaucoup plus d’angoisse.


Notre petite étoile revient gentiment puisque la pluie reprend dès que nous mettons les pieds dans le bus. Mais la pluie oublie de s’arrêter lors de notre arrivée à Split, où l’on se retrouve complètement trempés le temps de se rendre dans une auberge de jeunesse. C’est l’auberge où des amis de Rannou sont restés pendant 2 semaines et où ils ont fait beaucoup de belles rencontres. Optimistes, on arrive espérant rencontrer des jeunes de nos âges avec qui partager le week-end. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque l’on découvre notre dortoir, investit uniquement par un SDF sentant très fort l’alcool… On nous prévient également qu’il lui arrive de mettre la musique très fort à des moments tout à fait aléatoires. La nuit s’annonce folklorique.


On quitte l’auberge en quête d’un restaurant pour fêter l’anniversaire de Senghor. La ville est déserte, sombre et tout semble fermé. On trouve finalement un beau restaurant où l’on se permet, pour la première fois, de ne pas trop regarder les prix. On rejoint ensuite César, un des gérants de notre auberge, qui nous a parlé d’un petit concert. L’ambiance est très sympa, on rencontre quelques jeunes avec qui on prolonge un peu la soirée lorsque le bar ferme. Comme le veux la tradition, Senghor a droit à son chant d’anniversaire à minuit. C’est un beau moment pour nous quatre et on immortalise ça. Le reste de la nuit ne sera pas divulgué ici !




Le dimanche étant plutôt mouvementé, cela explique le retard de cet article. J’espère que les lecteur.trice.s les plus assidus ne m’en veulent pas outre mesure.


Je promets d’être plus assidu dans 4 semaines, où si tout se passe bien, nous devrions entrer sur les terres turques.


J’espère sincèrement que nos aventures continueront de vous faire sourire. Merci encore pour tout vos retours et votre soutien.


Bisous


Emilien


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