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  • Emilien Chevalier

Journal de bord - Semaine 32-33 : « Des vacances à Hormuz ! » - Emilien

Dernière mise à jour : 4 mai

Bonjour à toutes et à tous,


Nous voilà arrivés au « bout » du voyage ! Après sept mois d’aventures, de rencontres et d’émotions, on se prépare à rebrousser chemin, revenir en terrain connu. C’est un moment particulier et la perspective du « retour à la normale » n’est pas toujours facile à appréhender. Nos émotions se mélangent entre le manque de nos proches et l’envie de continuer toujours plus à l’Est. On se rend un peu plus compte tous les jours de l’immensité du continent et de ses nombreux paysages. Mais avant de parler du retour, revenons sur ces derniers jours :


Comme Senghor l’expliquait dans son article la semaine dernière, je n’ai pas passé beaucoup de temps à Chiraz. L’enchaînement rapide des villes, aussi belles soient elles, me fatigue et je voulais finir le voyage à vélo en arrivant jusqu’à Bandar Abbas, notre « destination finale ».


Me voilà donc parti, seul et libre, en direction du Sud. Quelques 600km à parcourir, quelques cols à franchir, le plan paraissait plutôt simple. Et tout s’est bien passé… jusqu’à ce que ça se passe mal (c’est souvent comme ça).

Au bout de deux jours, je me retrouve face à une route coupée par une rivière qui semble avoir débordée. J’ai fait 15km pour venir dans cette vallée que l’on m’a recommandée et me voilà à devoir faire demi-tour et à remonter les 400m de dénivelé que j’avais descendu plein d’enthousiasme.

Et là, impossible de rouler. Ce n’est pas un problème technique mais bien mon corps qui me rappelle à l’ordre. Les 90km de la matinée et les 35°C constants m’ont beaucoup fatigué. Je pense que c’est juste une hypoglycémie donc je mange tout le sucre que je trouve et me couche à l’ombre d’un arbre. Une heure passe, ça ne va pas mieux.


Je trouve une voiture qui, comme moi, fait demi-tour : je triche et mets le vélo à bord.Retour à la case départ : me revoilà là où j’étais il y deux heures, mais sans énergie cette fois. Je m’efforce d’avancer un peu mais c’est vraiment trop difficile : je monte le camp à 16h. Les heures qui suivent sont de plus en plus difficiles et je comprends que c’est surement une intoxication alimentaire dont il s’agit. On m’a beaucoup offert à manger dans la journée donc je ne sais pas précisément quel aliment m’a mit dans cet état. La nuit est donc très courte et je ne peux rien avaler.



Pour ne rien arranger, nos forfaits téléphoniques s’arrêtent (après un mois en Iran, les téléphones européens sont « bloqués »). Cerise sur le gâteau, je retrouve mon vélo crevé au réveil. En changeant de chambre à air avec ma fourchette et ma cuillère, je perce ma chambre à air de rechange.


C’est de trop, j’abandonne. Ça fait mal à l’égo mais c’est plus raisonnable de rentrer à Chiraz. J’arrête un pick-up, mets le vélo à l’arrière et rentre me reposer.


Je retrouve les Elliot.t à l’hostel. Le lendemain, tout semble résolu donc on part en direction de Ghalat, un petit village à 50km de Chiraz, avec les voyageurs que nous avons rencontré.

Petite présentation de l’équipe :


Gabriel et Claudia (Yuan Zi de son vrai nom) : venant respectivement d’Allemagne et de Chine, ils se sont rencontrés lors de leurs études. Gabriel voyage en tandem (vous avez bien lu) depuis plus d’un an et demi et a traversé l’Europe dans tous les sens. Il travaille en parallèle dans le domaine des cryptomonnaies (je vous laisse faire des recherches sur le sujet, c’est bien trop complexe à expliquer en quelques lignes). Claudia lui rend visite pour trois semaines mais doit également composer avec son emploi à distance, dans l’analyse de données. Elle est plutôt discrète mais extrêmement gentille. Ce couple à la pointe de la technologie rayonne de part son originalité et son humour sarcastique !



Gisela (dit « Gisi ») et Florin (dit "Flow") : ils sont tous les deux suisses et voyagent ensemble depuis bientôt dix mois. Ils veulent aller aussi loin que possible en faisant essentiellement du stop. Gisèle travaillais dans le marketing et Flow dans la plus grande banque suisse. Ils ont décidé de « tout plaquer » pour partir à l’aventure. Mais après tant d’expérience ensembles, ils sont décidé de voyager séparément pour quelques temps.


Max : un allemand de 21 ans qui a mis ses études de mathématique en stand-by le temps de voyager (on reconnait quelque chose là). Il voyage également en stop et souhaite aller jusqu’en Inde après avoir traversé le Pakistan. Il a énormément d’énergie, est toujours enthousiaste à l’idée de visiter et a de très nombreuses connaissances en sciences, en histoire, en géographie et en langue (il a appris le farsi seul, par exemple !).





Grégory : venant d’outre Manche, ses origines sont plus en Espagne. Son humour et son accent nous rappelle cependant qu’il est bien anglais ! Il voyage depuis presque un an et a traversé toute l’Europe à vélo, seul. Il est minimaliste et ça paye : il roule en moyenne 100km par jour ! Cependant, il se permet un nombre important de chemises toutes plus surprenantes les une que les autres. Autre fun fact : il a fait 12 ans de ballet !




Nous voilà donc neuf en direction du petit village.

Pour pimenter un peu l’expérience, on décide de faire une course en stop. Objectif: premier arrivé.e.s sur place. Par équipe de deux (Grégory y va à vélo), on monte dans divers voitures/bus en essayant de faire comprendre notre démarche. Mais les prix du carburant étant si faibles en Iran, il est très rare de faire du stop dans le pays des taxis. On se retrouve donc dans des positions plutôt inconfortables où des personnes veulent nous payer le taxi… L’histoire ne se rappellera pas des vainqueurs mais plutôt que Grégory (à vélo) est arrivé avant les derniers ! Minimaliste j’ai dit…


On se rend alors dans un hostel (qui n’en a que le nom puisqu’il n’y a pas de chambres à proprement parlé). Mais il y a quelque chose de bien plus intéressant, Ramin. Le propriétaire des lieux est un musicien hors pair, jouant plus de quinze instruments dans un sous-sol originalement décoré. Des objets de tout horizons, des instruments de toutes les formes, des tapis de toutes les couleurs… on se demande où on a bien pu atterrir. On comprend très vite lorsque Ramin et ses amis se mettent à jouer.


Des musiques traditionnelles, quelques morceaux que l’on reconnait et beaucoup d’improvisation, tous sont magnifiques. Le clou du spectacle arrive lorsque Lili, la chienne de Ramin se met à chanter lorsque son maitre joue du saxophone. Vous avez bien lu. Une aura extraordinaire se dégage et on ressent tous un intense sentiment de privilège. On est moins d’une dizaine, dans le sous-sol d’un petit village en Iran, à regarder et écouter ce magnifique duo. On comprend mieux pourquoi Gizi, qui était déjà venue la semaine passée, tenait tant à nous amener dans cet endroit si particulier.


Je peux concevoir que cela semble plutôt anodin mais c’est jusqu’à présent, l’un des plus beau moment du voyage pour moi.


Après deux nuits passées sur place, il est temps pour nous tous de dire au revoir à Galath et Chiraz pour descendre jusqu’à Bandar Abbas. Max y va en stop, Gregory à vélo et nous autres, en bus. On le prend la nuit pour économiser notre temps (ça, on en a encore pas mal) et notre argent (ça, un peu moins). Mais le réveil n’est pas très agréable : l’humidité dans l’air est très importante et la chaleur est étouffante. Seulement, il n’est que 8h du matin… On part se réfugier dans la salle d’attente (sur)climatisée du port de Bandar Abbas en attendant de prendre un ferry en direction de Qeshm, la plus grande des îles du détroit.






Une fois arrivés, on se rend dans un « éco-camp ». Il serait presque indécent de dire que l’on se sent alors en vacances, mais je me permets quand même. L’ambiance est totalement différente du continent et on ressent tous cela comme une bulle d’air (chaude, toujours) dans notre voyage. Après plusieurs semaines loin des côtes, on renoue alors avec la baignade, pratique fortement conseillée lorsque le thermomètre ne descend que rarement sous les 35°C la journée.



Nous passons alors deux jours à visiter l’île et ses multiples attractions : la vallée des étoiles, la plage où les tortues viennent pondre leurs oeufs et la forêt de mangrove. Des paysages magnifiques, là où on ne les attend pas toujours.

Mais tout cela a une saveur « vacancière » parce que nous sommes toujours avec nos amis de Galath !




Petit détail : nous avons un unique téléphone en état de marche pour tout le groupe. Excepté Gabriel, nos téléphones sont « bloqués » donc on ne peut pas communiquer avec le reste du monde. Certains y voient une forme de libération (moi notamment) et d’autres trouvent ça plus pesant. Max et Gizi en particulier, qui doivent faire leurs procédures d’obtention de visa pakistanais. Plusieurs fois par jour, ils demandent donc à Gabriel son fameux « hotspot » pour accéder à internet. Il en va de même avec les courses, les attractions, les commandes au restaurant : nous avons une allure de colonie de vacances. Tout prend un temps conséquent et il faut essayer de satisfaire les envies de chacun.


Les rôles au sein du groupe se dégagent alors : Max nous recommande les lieux à visiter, Gizi réserve les auberges, Claudia motive Gabriel à travailler et nous autres… on porte la nourriture et l’eau. Cependant, il n’y a pas de « leader » comme nous le demande souvent les iranien.e.s. Cela semble être une notion bien plus importante pour eux que pour nous !


Mais le groupe ne finit pas de s’agrandir !

On retrouve Yens, Senja et Flo (d’autres voyageurs, également rencontrés à Chiraz). Nous sommes désormais un groupe de dix personnes, venant d’Allemagne, de Suisse, de Belgique, de Finlande, d’Italie, de Chine et de France.



Les horizons et perspectives de chacun sont divers mais l’ambiance est très bonne. Nous parlons tous un anglais approximatif mais on se comprend très bien.


On décide donc de garder notre joli petit groupe pour visiter Hormuz, une petite île très proche (qui donne son nom au fameux détroit). Nous voilà donc onze personnes lorsque l’on retrouve Senghor ! Après quelques jours de plus à Chiraz, il nous a rejoint, tant bien que mal. En effet, « souffrants » tous du manque de réseau mobile, il est très difficile de se coordonner, d’autant plus avec un si gros groupe. Senghor a donc interprété comme il a pu nos rares messages et s’est retrouvé à l’opposé de notre position… Il a donc du prendre 3 ferrys, faire 100km de vélo et quémander à de nombreuses personnes leur données mobiles afin que l’on se retrouve au même endroit, au même moment.

En arrivant à Hormuz, on demande aux premiers venus s’ils connaissent un lieu pour être hébergés les prochains jours… et la magie de l’Iran opère : Saka et Ali nous dégottent une auberge et se joignent au groupe ! Puis Grégory (le cycliste anglais, souvenez-vous !) nous retrouve après quatre jours intenses à vélo. Cela fait donc un groupe de quatorze personnes, venant de huit pays et trois continents !


Nous passons alors quatre jours riches en émotions. L’île est tout simplement splendide et reste très naturelle, malgré le tourisme important. Mais le climat est si chaud et sec, qu’il est tout simplement impossible de visiter à partir de 10h. Nous nous habituons donc au rythme local : on vit la nuit et on dort le jour. De plus, le ramadan est toujours en cours donc peu de commerces sont ouverts en journée. Il suffit d’en être conscient et de s’y adapter.


Attention les yeux...









Nous arrivons donc au point le plus à l’Est du voyage, entourés de dix autres voyageurs, dans une des plus belles îles du monde. Cela fait sept mois que nous voyageons entre amis et avec le soutien de tout nos proches. Nous visitons des endroits incroyables et notre unique contrainte est de savoir quel sera le prochain... Tout cela semble être féérique, mais la réalité n’est pas si simple.


Comme Senghor l’expliquait il y a deux semaines, le voyage n’est pas toujours aussi facile qu’il en a l’air. L’Europe et la sédentarité me manquent après ces sept mois de voyage. Je dois presque tous les jours faire face à un sentiment particulier: celui du « privilégié malheureux ». J’ai tout pour être heureux et mon quotidien est plus qu’enviable pour de très nombreuses personnes mais je n’ai pas la stabilité, le confort et le repos que procure le mode de vie que je connaissais. C’est la règle du jeu, je m’y attendais et il faut faire avec. Je ne me plains pas et je ne veux rien changer à cela mais cette réalité est bien là.


La chaleur écrasante nous empêche de bouger, il faut porter des vêtements longs, qu’importe la température ; les femmes et les hommes non mariés n’ont pas le droit de dormir dans la même pièce (la police a faillit venir dans notre location pour vérifier) ; l’eau n’est pas potable donc nous consommons des quantités astronomiques de bouteilles en plastique ; le tri sélectif est un vaste souvenir d’Europe et les poubelles fondent doucement au soleil avant que les chats errants ne viennent se servir ; nos téléphones sont bloqués après un mois dans le pays et il y a rarement du Wi-Fi ; nous avons beaucoup de difficulté pour recharger notre carte bancaire iranienne (qui n’est pas sur le même réseau bancaire que nos cartes françaises)… Bref, tout est plus compliqué !


Un de nos objectifs à travers ces récits est de donner une envie de voyager de manière « alternative », avec ce que cela implique de bien comme de moins bien. Il serait malhonnête de notre part de mentir en disant que tout ceci est toujours simple et agréable. J’espère que cet objectif est en partie rempli et qu’il donnera des idées à certain.e.s d’entre vous !


Merci à vous de nous suivre !


A bientôt,


Emilien


PS : Après ces quelques jours à Hormuz, nous avons commencé notre chemin retour en direction de l’Arménie puis la Géorgie, avant de traverser la Turquie, la Bulgarie et la Serbie pour (enfin) reprendre les vélos en Hongrie. Le chemin retour est toujours en cours de définition mais si, par le plus grand des hasards, certain.e.s d’entre vous ont envie de tenter l’expérience du voyage à vélo, on serait très heureux de la partager avec vous !






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English version


Hello to all of you,


We have reached the "end" of the journey! After seven months of adventures, encounters and emotions, we are getting ready to turn back and return to familiar territory. This is a special moment and the prospect of "returning to normal" is not always easy to grasp. Our emotions are mixed between missing our loved ones and the desire to continue further East. Every day, we realize a little more the immensity of the continent and its numerous landscapes. But before talking about the return, let's go back over the last few days:



As Senghor explained in his article last week, I didn't spend much time in Shiraz. The rapid succession of cities, as beautiful as they are, makes me tired and I wanted to finish the trip by bike by arriving to Bandar Abbas, our "final destination".


So here I am, alone and free, heading south. Some 600km to ride, a few passes to cross, the plan seemed rather simple. And everything went well... until it went wrong (it's often like that).



After two days, I find myself facing a road cut by a river that seems to have overflowed. I drove 15km to come to this valley that was recommended to me and here I am, having to turn around and go back up the 400m of difference in altitude that I had descended full of enthusiasm.

And there, it's impossible to ride. It's not a technical problem but my body calling me to order. The 90km of the morning and the constant 35°C have made me very tired. I think it's just hypoglycaemia so I eat all the sugar I can find and lie down in the shade of a tree. An hour goes by and it doesn't get any better.



I find a car that turns around like me: I cheat and put the bike on board. Back to square one: here I am again where I was two hours ago, but without energy this time. I try to move forward a bit but it's really too difficult: I set up camp at 4pm. The following hours are increasingly difficult and I understand that it is probably food poisoning. I was offered a lot of food during the day so I don't know exactly what food put me in this state. So the night is very short and I can't swallow anything.




To make matters worse, our phone plans stop (after a month in Iran, European phones are "blocked"). The icing on the cake is that I wake up to find my bike punctured. While changing the inner tube with my fork and spoon, I pierce my spare tube.


This is too much, I give up. It hurts my ego but it's more reasonable to go back to Shiraz. I stop a pick-up, put the bike in the back and go back to rest.



I meet the Elliots at the hostel. The next day, everything seems to be solved so we leave for Ghalat, a small village 50km from Shiraz, with the travellers we met.

Small presentation of the team:





Gabriel and Claudia (Yuan Zi is her real name): coming respectively from Germany and China, they met during their studies. Gabriel has been travelling in tandem (you read that right) for over a year and a half and has crossed Europe in all directions. At the same time, he works in the field of cryptocurrencies (I'll leave you to research the subject, it's far too complex to explain in a few lines). Claudia is visiting him for three weeks but also has to deal with her remote job in data analysis. She is rather discreet but extremely nice. This high-tech couple shines with originality and sarcastic humour!



Gisela (aka "Gisi") and Florin (aka "Flow"): they are both Swiss and have been travelling together for almost ten months. They want to go as far as possible, mainly by hitchhiking. Gisèle worked in marketing and Flow in the biggest Swiss bank. They decided to leave everything behind to go on an adventure. But after so much experience together, they decided to travel separately for a while.




Max: a 21 year old German who put his mathematics studies on hold to travel (we recognize something here). He also hitchhikes and wants to go to India after crossing Pakistan. He has a lot of energy, is always enthusiastic about visiting and has a lot of knowledge in science, history, geography and language (he learned Farsi by himself, for example!).


Grégory : coming from across the Channel, his origins are more in Spain. His humour and his accent remind us that he is indeed English! He has been travelling for almost a year and has cycled all over Europe, alone. He is a minimalist and it pays off: he rides an average of 100km a day! However, he allows himself a large number of shirts, each one more surprising than the next. Another fun fact: he has done 12 years of ballet!




So here we are, nine of us, heading for the little village.

To spice up the experience a bit, we decide to do a hitchhiking race. Objective: to be the first to arrive on the spot. In teams of two (Grégory goes by bike), we get into various cars/buses and try to make people understand our approach. But fuel prices being so low in Iran, it is very rare to hitchhike in the country of taxis. So we find ourselves in rather uncomfortable positions where people want to pay us for the taxi... History will not remember the winners but rather that Gregory (on his bike) arrived before the last ones! Minimalist I said...


We then go to a hostel (in name only as there are no rooms). But there is something much more interesting, Ramin. The owner of the place is an outstanding musician, playing more than fifteen instruments in an originally decorated basement. Objects from all over the world, instruments of all shapes, carpets of all colours... one wonders where one has ended up. We understand very quickly when Ramin and his friends start to play.





Traditional music, a few recognisable pieces and a lot of improvisation, all of which are magnificent. The highlight of the show is when Ramin's dog Lili starts to sing when her master plays the saxophone. You read that right. An extraordinary aura emerges and we all feel an intense sense of privilege. There are less than a dozen of us, in the basement of a small village in Iran, watching and listening to this magnificent duet. It is easy to understand why Gizi, who had already come last week, was so keen to bring us to this very special place.



I can imagine that it seems rather insignificant but it is so far one of the most beautiful moments of the trip for me.


After two nights there, it's time for all of us to say goodbye to Galath and Shiraz and head down to Bandar Abbas. Max hitchhikes, Gregory bikes and the rest of us take the bus. We take it at night to save our time (we still have a lot of it) and our money (a little less). But waking up is not very pleasant: the humidity in the air is very high and the heat is suffocating. But it's only 8am... We take refuge in the (over)air-conditioned waiting room of the Bandar Abbas harbour while waiting to take a ferry to Qeshm, the biggest island of the strait.





Once there, we go to an "eco-camp". It would be almost indecent to say that we feel like we are on holiday, but I'll allow myself anyway. The atmosphere is totally different from the mainland and we all feel like a bubble of air (hot, always) in our journey. After several weeks away from the coast, we start swimming again, a practice that is highly recommended when the thermometer rarely goes below 35°C during the day.







We then spend two days visiting the island and its many attractions: the valley of the stars, the beach where turtles come to lay their eggs and the mangrove forest. Magnificent landscapes, where you don't always expect them.

But all this has a "holiday" flavour because we are always with our friends from Galath!





Small detail: we have only one working phone for the whole group. Except for Gabriel, our phones are "blocked" so we can't communicate with the rest of the world. Some see it as a form of liberation (me in particular) and others find it more burdensome. Max and Gizi in particular, who have to do their Pakistani visa procedures. Several times a day, they ask Gabriel for his famous "hotspot" to access the internet. It's the same with shopping, attractions, ordering at the restaurant: we look like a holiday camp. Everything takes a long time and we have to try to satisfy everyone's desires.


The roles within the group become clear: Max recommends places to visit, Gizi books the hostels, Claudia motivates Gabriel to work and the rest of us... carry the food and water. However, there is no "leader" as the Iranians often ask us. This seems to be a much more important notion for them than for us!


But the group is still growing!



We meet again Yens, Senja and Flo (other travellers, also met in Shiraz). We are now a group of ten people, coming from Germany, Switzerland, Belgium, Finland, Italy, China and France.



The backgrounds and perspectives of everyone are diverse but the atmosphere is very good. We all speak a rough English but we understand each other very well.


So we decide to keep our nice little group to visit Hormuz, a small island very close (which gives its name to the famous strait). So here we are, eleven people when we meet Senghor! After a few more days in Shiraz, he joined us, as best he could. Indeed, as we all "suffer" from the lack of mobile network, it is very difficult to coordinate ourselves, especially with such a big group. Senghor interpreted our few messages as best he could and found himself at the opposite of our position... He had to take 3 ferries, cycle 100km and beg many people for their mobile data so that we could meet at the same place, at the same time.


When we arrived in Hormuz, we asked the first people to come if they knew a place to stay for the next few days... and the magic of Iran worked: Saka and Ali found us a hostel and joined the group! Then Gregory (the English cyclist, remember!) meets us again after four intense days of cycling. That makes a group of fourteen people, coming from eight countries and three continents!


We spent four days full of emotions. The island is simply splendid and remains very natural, despite the important tourism. But the climate is so hot and dry, that it is simply impossible to visit after 10 am. So we get used to the local rhythm: we live at night and sleep during the day. Moreover, Ramadan is still in progress so few shops are open during the day. You just have to be aware of this and adapt to it.


Be careful with your eyes...









So we arrive at the easternmost point of the trip, surrounded by ten other travellers, in one of the most beautiful islands in the world. We have been travelling for seven months with friends and the support of all our relatives. We are visiting incredible places and our only constraint is to know what will be the next one... It all sounds like a fairytale, but the reality is not so simple.


As Senghor explained a fortnight ago, the journey is not always as easy as it seems. I miss Europe and the sedentary life after seven months of travelling. Almost every day I have to deal with a particular feeling: that of the 'unhappy privileged'. I have everything to be happy and my daily life is more than enviable for many, many people, but I don't have the stability, the comfort and the rest that the lifestyle I knew. That's the way it is, I expected it and I have to live with it. I'm not complaining and I don't want to change that, but it is a reality.


The overwhelming heat prevents us from moving, we have to wear long clothes, no matter how hot it is; women and unmarried men are not allowed to sleep in the same room (the police almost came to our location to check); the water is not drinkable so we consume astronomical quantities of plastic bottles; selective sorting is a vast memory from Europe and the bins melt slowly in the sun before the stray cats come to help themselves; our phones are blocked after a month in the country and there is rarely any Wi-Fi; we have a lot of difficulty to recharge our Iranian bank card (which is not on the same banking network as our French cards)... In short, everything is more complicated!


One of our objectives through these stories is to give a desire to travel in an "alternative" way, with all that this implies, good and bad. It would be dishonest of us to lie and say that it is always simple and pleasant. I hope that this objective is partly fulfilled and that it will give ideas to some of you!


Thank you for following us!


See you soon,


Emilien


PS: After these few days in Hormuz, we started our return journey towards Armenia and Georgia, before crossing Turkey, Bulgaria and Serbia to (finally) pick up the bikes in Hungary. The return journey is still being defined but if, by any chance, some of you want to try the experience of travelling by bike, we would be very happy to share it with you!



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