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  • Emilien Chevalier

Journal de bord - Semaine 3 : "Ragazzi !" - Elliott Rannou

Dimanche 10 Octobre

Hier soir Emilien a accroché pour la première fois notre hamac et j'ai eu le plaisir de l'inaugurer. Ce matin je me suis fait réveiller par un soleil rougeoyant. Il se levait au dessus de la mer et éclairait le champ d'olivier dans lequel nous avions dormi. Le cadre était sublime.



On a passé un petit déjeuner avec Emanuel qui nous a aidé à réviser nos bases en Italien. Après lui avoir dit au revoir on a pris la route direction Savona.

Au bout de quelques kilomètres dans une montée, le porte bagage avant d'Emilien a lâché. On s'est stoppés sur le bord de route pour le réparer. La vue était superbe mais le sol était jonché de déchets. Senghor et Elliot en ont profité pour en ramasser la plupart. Emilien a finalement rafistolé son vélo pour tenir jusqu'à Gênes.


On s'est rapidement arrêtés pour manger des pizzas sur une plage. Senghor et moi en avons profité pour prendre une douche dans la mer. Emilien a voulu faire la vaisselle dans celle-ci et a perdu quelques fourchettes en mouillant ses baskets. Un régal pour les yeux.


La route naviguait entre le bord de mer et les montagnes qui étaient de plus en plus imposantes. Je ne ressentais pas les douleurs que j'avais senti la veille. Richard lui, en avait une qui persistait, ça devenait inquiétant.




Arrivés près de Savona, on a décidé de remonter en altitude dans les montagnes pour avoir le même paysage qu'à notre réveil. Après quelques efforts sur des petits chemins escarpés on est arrivés devant chez Mario. Un vieux monsieur qui vivait là depuis plus de 20 ans accompagné de ses 4 chiens. Il bredouillait des mots en italien et j'avais du mal à le comprendre. Il nous proposait de dormir dans un champ, plus bas, mais ses propos n'étaient pas clairs. Nous étions fatigués, et redescendre sans être sur de trouver un endroit n'enchantait personne.

Surtout Senghor qui avait déjà sorti toutes ses affaires, pressé de prendre une douche.


Heureusement, son fils et sa femme sont arrivés (Massimo et Karina). Ils nous ont finalement invité à dormir sur leur plage privée devant leur restaurant! En plus, On s'est fait inviter au Sirio (leur restaurant) bien trop chic pour nous. C'était la première fois que Senghor mangeait des palourdes et décortiquait des crevettes.

Sophia, leur fille nous a offert des bières, nous a fait visiter la ville et nous a parlé de ses envies de partir vivre à Berlin.


On a posé nos duvets sur la plage et nous nous sommes endormis, bercés par le son des vagues.



Lundi 11 octobre


Après une nuit un peu froide, les gérants nous ont invité à manger des foccacias avec un cappuccino. Un court aperçu de la dolce vita. Vers 13h on s'accorde une courte pause au bord de la mer, composée de baignade, sieste et foccacia (encore oui, mais c'est trop bon).





Sur la route le paysage se faisait plus industriel et longer le port de Gênes n'a pas arrangé les choses. La ville est gigantesque et il nous à fallu 40min pour arriver au centre.


Grâce à l'application "WarmShower" (application d'entraide entre cyclotouristes), on trouve quelqu'un qui peut nous accueillir pour deux jours. L'adresse est dans Gênes mais pour y accéder, ça monte... En fin de journée c'est difficile, on se perd et on tombe sur des escaliers vertigineux. Après plusieurs minutes de montée, l'appartement se trouve finalement au 3ieme étage d'un immeuble...Une vraie épreuve.


On arrive donc chez Marco et Norma, ils sont adorables et leur appartement est gigantesque. Ils ont un jardin et une vue panoramique de Gênes sur le toit! Ils avaient 4 enfants donc il y a deux chambres rien que pour nous. Ils nous invitent à manger des pâtes au pesto. On les questionne sur leur ville et de leur vie. Norma est professeure de philosophie et Marco est retraité, anciennement psychanalyste.


Ils nous indiquent quelques bonnes adresses à ne pas manquer.






Mardi 12 octobre

Après une grasse matinée et une douche méritée, on part visiter la ville. Le ventre vide, on se laisse guider par nos estomacs. On entre dans toutes les petites échoppes et on achète en petite quantité (pour être sûr de goûter à tout). Tout défile : foccacia, pizza, arrancino, lasagne, gnocchi et fruit de mer frit,... Richard fini même sur une glace triple chocolat. Tout dans le baba.

On se balade dans le centre historique, dans les petites rues étroites, sur les grandes places et au bord du port.




Le soir on prépare un risotto à nos deux hôtes. Un peu risqué de vouloir cuisiner une spécialité Italienne mais Senghor et Emilien se débrouillent impeccablement. Le résultat est très apprécié!

On décide de rester un jour de plus à Gênes car la ville à encore beaucoup de facettes à nous montrer, on a encore du travail à faire et personne n'est contre un jour de repos en plus.

Mercredi 13 octobre

Après un petit déjeuner à base de thé, de fruits et de pain maison cuisiné par Marco.

On se pose au soleil dans le jardin pour faire un point sur la trésorerie. L'après-midi on en profite pour réparer nos vélos, faire quelques courses et visiter la ville, chacun de son côté et à son rythme.





On se retrouve le soir dans une pizzeria que Senghor avait repéré lors de sa dernière visite de Gênes. Ils sont 5 à travailler alors qu'on est les seuls clients. Ça doit sûrement être rentable!

Ces deux jours de pause nous ont fait beaucoup de bien. On en oublie presque le camping et les journées à pédaler.



Jeudi 14 octobre

On charge les bolides et Marco nous guide jusqu'à la sortie de Gênes. Il nous indique un chemin pour traverser les Apennins sans trop de dénivelé.

Au final, on monte pendant environ 20km avec 500m de dénivelé. Tout le monde y arrive sans grande difficulté. On retrouve Norma et Marco au sommet dans un petit village, qui nous ramènent les hélices de rechange de notre drone oubliées chez eux. On achète des spécialités chez un traiteur et eux, nous offrent la boisson.


Je trouve la séparation émouvante. Nous avons passé du temps avec eux, ils ont été si accueillants et généreux. Merci à eux.

La route est paisible. On retrouve une Italie plus plate mais aussi plus froide. Le soleil est encore et toujours au rendez-vous mais on se couvre. On profite de rouler côte à côte pour apprendre les départements Français.





Le soir, on plante à la hâte les tentes dans un champ car la nuit tombe. Heureusement, on a rien perdu de nos réflexes et à 20h, on est dans les tentes le ventre plein.

Vendredi 15 octobre


Réveil à 7h car on a de la route. Il fait froid et humide, pas très agréable. Malgré plusieurs empreintes de sanglier pas loin du campement, aucun ne nous a importuné pendant la nuit. Merci les potes.


On roule vite, sans grande pause pendant 40km. Voulant faire vite, on mange dans une pizzeria. On y restera 2h.

J'ai trouvé l'après midi particulièrement sympa. Peut être parce qu'il faisait plus chaud, que les paysages étaient un peu plus vallonné ou que le 4ieme verre de vin que Senghor m'a servi était bien dodu.

On s'arrête dans un champs de bouleau, en camping sauvage vers 17h. Belle journée à 75km au compteur. Ça nous laisse du temps pour cuisiner et apprécier le coucher de soleil.


Samedi 16 octobre


Beaucoup de route aujourd'hui si on veut avoir du temps pour profiter des grands lacs au Nord de l'Italie. On se lève de bonne heure et on part vers 9h30.

À Lodi, un village de Lombardie, se déroule la fête du chocolat. Obligé de faire un arrêt. On se promène entre les stands et on fait le plein de magnésium. On fait un pré-repas avec : biscuits, chocolats chauds et truffes.

Comme on a bien mangé, on roule encore plusieurs bornes. La faim se fait sentir vers 15h et on s'arrête dans un parc à Crema. La ville a un vraie charme.


3 jours de camping sauvage c'est chouette mais les douches se font rares. Je profite d'un ruisseau pour me doucher dedans. J'en sors propre avec des piqûres d'ortie en rab.

La journée se termine à Chiari avec 80km dans les pattes. C'est une zone industrielle donc pas beaucoup d'endroits pour dormir. Après quelques tentatives auprès des habitants pour glaner une parcelle de jardin, on se résout à dormir à côté d'une aire de jeu, bien fatigués.

Voilà pour le résumé de la semaine. Merci encore à celles et ceux qui nous suivent et nous soutiennent.


À la semaine prochaine pour l'article de Richard !

Bisous


Elliott Rannou

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