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  • Emilien Chevalier

Journal de bord - Semaine 40-41 : « Loin des yeux, près du coeur » - Emilien

Dernière mise à jour : 4 juil.

Bonjour à toutes et tous,

On s’approche dangereusement de la fin de du voyage donc c’est peut-être la dernière fois que vous me lirez… Je vais donc faire de mon mieux pour vous retranscrire les deux dernières semaines entre Berlin et Amsterdam !



Les adieux avec ce bon vieux Senghor sont touchants mais on fête la fin de son parcours tous ensemble. Mais ce n’est pas la seule raison qui nous amène à visiter les différents clubs berlinois (même si l’on s’en serait contentés). En effet, Elliot Richard fête ses vingt-deux ans le vingt-deux juin (l’autre Elliott fêtera ses vingt-trois ans le vingt-trois juillet… comme un symbole !)

On festoie et visite donc cette gigantesque ville tout en profitant du chaleureux accueil de nos amis (merci encore à vous Lara, Markus, Poppy, Paul, Luna, Claudia, Gabriel, Salomé, Léonore !). On fait de nombreuses autres belles rencontres avec des étudiant.e.s ERASMUS venant de différents continents. Mais après dix jours, la route nous rappelle !

Le vingt-trois juin, on reprend nos montures et partons tous les quatre (Elliot, Jules, Elliott et Emilien) en direction d’Amsterdam. Sept-cent-cinquante kilomètres nous séparent de la capitale néerlandaise ; on prévoie donc dix jours de vélo.


Mais dès le premier jour, on fait face à un terrible problème : l’appel de la baignade ! En sortant de Berlin, on passe par Postdam (une des villes où a vécu Einstein !) et retrouvons Gabriel. Ce cyclotouriste, rencontré dès notre première nuit en Iran, nous accueille chez lui, entouré de sa famille et de sa copine Claudia. Tels des vétérans de la guerre, on se remémore « le bon vieux temps en Iran » et discutons de nos futurs projets/voyages. S’ensuit alors la session baignade, puis un beau repas, puis le café… cette petite pause nous prendra finalement cinq heures. On finit donc notre première journée avec un triste total de soixante kilomètres.

Et le lendemain, c’est un bien plus grave problème qui intervient : les douleurs aux genoux d’Elliot s’amplifient. Plus de six mois qu’elles sont apparues et rien ne peux les faire passer : repos, osthéo, genouillères… Dès la fin de la deuxième journée, Elliot décide donc d’arrêter le vélo. Il prendra un train en direction d’Hanover, où il se reposera le temps que l’on arrive à Amsterdam. Cette décision est difficile à prendre si proche du but, mais il est plus raisonnable d’arrêter avant d’empirer le problème. On lui dit donc au revoir au début du troisième jour.



Dès lors, les jours s’enchainent pour nous trois autres rescapés : vélo, réchaud, dodo. D’autant plus que le paysage est relativement monotone : des immenses champs de blé et de maïs et de nombreuses éoliennes. On ressent de plus en plus notre rapprochement avec la France et son mode de vie. Mais pour s’en assurer, on décide de tester une dernière chose : l’hospitalité !




Le vingt-six juin, on rencontre alors Jorn et Brigit, un couple de retraités vivants dans leur anciens café-restaurant. On était à la recherche d’un peu d’eau pour la nuit et ils nous ont gentiment proposé de dormir dans la jardin. Les tentes à peines montées, on se retrouve alors à être servis à manger !

Le sur-lendemain, on se réfugie sous un abris gentiment prêté pour échapper à la pluie nocturne. Un jour après, on rencontre Holga et Linda. Ce couple de trentenaire nous offre une bière après avoir rempli nos gourdes (d’eau, évidemment). Mais la tradition semble ne pas s’arrêter là chez les allemands… après une deuxième bière, ils nous proposent alors différentes liqueurs ! Elles sont toutes « made in Germany » parait-il… donc on se laisse tenter ! Le reste de la soirée ne sera pas divulgué ici.

Toutes ces rencontres se font naturellement et dès notre première tentative. On conclut donc que les allemands sont hospitaliers !

Notre expérience néerlandaise ne se conclut cependant pas de la même manière. Dès notre passage de la frontière, une violente averse nous bloque à l’entrée de Deventer, une ville de cent mille habitants. Pas moyen de traverser, on décide de faire demi-tour sur quelques mètres afin de trouver un abris pour la nuit. Et même avec l’argument « orage », on essuie de nombreux refus et on nous invite à aller à l’hôtel… Ce n’est pas vraiment notre ambition donc on continue à chercher malgré un ciel très sombre. Après près d’une heure de recherche, on est acceptés timidement par un couple qui semblent ne pas vraiment comprendre notre démarche. Ils ont pourtant exactement ce qu’il nous faut : un abris dans leur jardin. Après une nuit au sec, le couple s’ouvre alors à nous et s’intéresse un peu à notre voyage et nos histoires. On partage un petit déjeuner ensemble et ils nous prennent même en photo. Une rencontre singulière pour moi, qui montre que malgré un mode de vie relativement individualiste, il suffit d’une nuit pour gagner la confiance de certaines personnes.



Au-delà de ces rencontres, un autre évènement intervient durant notre petit périple : comme mon compère Elliot, je fête mes vingt-deux ans cette année. Loin des yeux, mais près du coeur, j’appelle donc ma famille et mes amis, que je n’ai pas vu depuis bientôt un an. C’est la première fois que je ne fête pas mon anniversaire près des miens. C’est un moment particulier mais j’essaye de ne pas trop m’attarder sur ce symbole, et préfère penser aux moments que l’on va pouvoir partager durant les prochains mois et les prochaines années.

Ce sentiment de manque de mes proches m’a épargné en partie jusqu’à présent mais plus l’arrivée se rapproche, plus il touche. J’imagine que c’est normal, mais ce n’est pas tous les jours facile.

Une autre séparation me touche : celle d’Elliot et Senghor. Après 9 mois à voyager presque quotidiennement à leurs côtés, je sais que nous ne ferons plus un kilomètre ensemble… du moins cette année ! Savoir Senghor à Paris, près des siens, me fait plaisir mais après tant de temps ensemble, j’ai l’impression que rien ne sera pareil désormais… (j’en rajoute à peine !)

Mais depuis deux semaines, il y a un nouveau membre dans l’équipe de Pékin Sans Stress : Jules ! L’ami d’enfance d’Elliott Rannou nous a rejoint depuis Prague et sa présence fait du bien au groupe. Toujours motivé et de bonne humeur, il apporte une touche de fraicheur dans notre « vieux couple » avec Rannou. Jules a fait des études en charpenterie et a déjà travaillé quelques années. Il n’a donc pas le même regard que nous autres, étudiants ingénieurs n’ayant que très peu d’expériences professionnelles. De nouvelles perspectives, de nouveaux goûts, de nouvelles idées, on sort un peu de nos habitudes et ça fait du bien !

On alterne entre grosses journées à cent kilomètres et plus petites, où l’on reste au camp pour lire/discuter ensemble.

Je retiens en particulier une journée où nous sommes restés dans une réserve naturelle néerlandaise. Alors qu’Elliott faisait sa sieste quotidienne, Jules part se balader aux alentours. Quelques minutes plus tard, il m’appelle pour que je le rejoigne : il a vu un troupeau de cerf ! Une petite dizaine d’individus, tous avec de magnifiques bois, à quelques mètres de nous. C’est un moment magnifique, mais qui ne dure pas…notre présence semble les déranger et ils nous faussent alors compagnie.

Quelques minutes plus tard, on tombe nez à nez avec un sanglier ! On en discutais quelques instant auparavant et notre stratégie était très claire : ne pas bouger et grimper dans un arbre en cas d’attaque (c’est très rustique, j’en conviens). Or Jules a de bonnes capacité en escalade, ce qui n’est pas vraiment mon cas. Pour ne rien arranger, lorsque que le sanglier me voit, je suis à plus de dix mètres de l’arbre le plus proche ! Autant dire que la stratégie a vite montré ses limites. Je suis donc à moitié rassuré mais arrive tout de même à prendre une vidéo, ne me demandez pas comment.

Finalement, le sanglier s’en va. Fin des péripéties, retour au camp (Rannou sort de sa sieste).


Le samedi deux juillet, on se retrouve tous les quatre dans la capitale des Pays-Bas. Après un mois à nos cotés, c’est le dernier jour de vélo pour Jules. Il nous reste cependant quelques jours à profiter de cette magnifique ville ensemble.

Magnifique certes, mais victime de son succès. Après deux semaines de recherche de logement, nous n’avons trouvé aucun.e hôte pour nous aider à sauvegarder nos derniers euros. En effet, du fait du prix du logement (les auberges coûtent plus de cinquante euros la nuit…), les applications tels que CouchSurfing et WarmShower sont prises d’attaques : difficiles alors de discerner les touristes d’un jour des voyageurs d’un an. On comprend évidemment la situation et ne mettons la faute sur personne.

Nous sommes donc dans un camping pour trois jours et reprendrons la route plus tôt que prévue. C’est aussi ça le jeu du slow-travel…


J’espère que nos aventures vous plaisent toujours et je laisse maintenant la plume à mes amis. Cela a été un immense plaisir de rédiger ce journal de bord et encore plus de savoir qu’il était lu. J’espère qu’à mon échelle, j’ai pu faire prendre conscience à certain.e.s des problématiques qui me touchent. J’espère aussi avoir pu faire voyager celles et ceux qui n’ont pas ce privilège.

Merci de m’avoir lu.

Au revoir !

Emilien


On abandonne pas les copains... on les pousse ! (Amsterdam, 3/7/22)



A la recherche des tiques !

Un soir sur le camp



Quelques heures plus tard !


Chacun sa manière de se mettre de la crème !



Éolienne néerlandaise... efficacité à voir !



La campagne allemande : du blé et des éoliennes


Après l'orage... toujours sur le vélo

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