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Journal de Bord - Semaine 28-29 : "Les Aigles du Désert" - Elliott Rannou (Available in english)


Téhéran. Six heures du matin. La capitale est déserte. L’effroyable trafic automobile est interrompu pour encore quelques heures. C’est à ce moment, après 2 mois de pause en Turquie et nos quelques jours en Iran, qu’on décide de remonter en selle. Enfin. Il fait froid mais la sensation de conduire nos maison-vélos compense. On achète assez de nourriture pour 2 jours et on remplit nos gourdes à ras bord. Il nous faut plus d’une heure et demie pour finalement quitter la métropole et sa banlieue.


Ensuite c’est une zone désertique. On emprunte une départementale droite dont on n'imagine pas la fin. On la partage avec camions et voitures, la plupart nous soutiennent avec des coups de klaxon ou avec des saluts de la main. Autour, il n’y a rien ou presque. Un biaban, c'est-à-dire une vaste étendue de terre, de gravier et de petits arbustes. La sensation de solitude est grisante. C’est nous face à nous même. Le temps passe vite. Pour dormir on trouve refuge, dans des vallons probablement creusés par une rivière, à l'abri de regards. Le grand retour du camping et des repas sur réchaud. Ça vous fait rêver ? Nous oui.





Désormais une poignée de kilomètres nous séparent de Qom, mais un restaurant de bord de route nous fait de l'œil. Les tables sont des tapis surélevés de quelques centimètres au-dessus du sol. Un homme nous offre un peu de son repas spontanément, après plusieurs refus, on accepte, affamés. Ce même homme nous propose de passer la nuit dans le restaurant. C’est parfait pour nous. Il nous offre ensuite une pastèque, retourne dans son camion et nous dit au revoir. Attends, quoi ? Un client vient de nous proposer de dormir dans un restaurant qui n’est pas à lui ? Très fort.


Trois minutes plus tard, Jawad le gérant, nous invite à rester pour la nuit. On le remercie. Mais il veut absolument nous faire visiter la ville. On parle par traducteur, c'est laborieux. On est fatigué par notre journée de vélo mais on décide de le suivre. Il n’a pas de voiture, donc il fait de grands gestes pour que les voitures s’arrêtent. Un taxi vient à notre secours, le problème c'est qu' on est cinq et avec le conducteur ça fait six. J’ai donc la chance de partager la place du mort avec notre hôte. Jawad est assis sur le levier de vitesse, le confort est maximum.


Arrivé en ville, on se fait promener partout mais impossible de payer quoi que ce soit. On mange un bon kebab puis une glace. Tout est très bon mais on ne comprend pas, Jawad tient pourtant un restaurant, pourquoi veut-il nous faire manger ailleurs? Après deux escales, c’est long donc on en profite pour faire nos courses. Sauf que là, notre hôte en vient aux mains pour payer. On est confus. On prend alors le temps de lui expliquer notre point de vue, et que nos courses ne rentrent pas dans l’hospitalité. Il comprend et accepte qu’on le rembourse. Il veut nous amener au pied de la montagne mais la journée a assez duré pour nous, on préfère rentrer.



C’est avec un petit déjeuner que Jawad nous attend le matin. Mais on déchante vite. “Jawad le félon” veut qu’on le rembourse non pas cinq millions pour nos courses mais cinquante millions de rials (soit deux cents euros). Dix fois plus. Après quelques échanges, on réalise qu’il prévoyait depuis le début de nous faire payer. Jawad est d’un naturel joyeux et blagueur et on s’était attaché à son personnage. Pourquoi tout gâcher maintenant ? On lui rembourse nos courses et on part. Refusant de céder mais avec un goût d’amertume et mille questions en tête.


Heureusement le vélo permet de relativiser et d’oublier cette mésaventure. La route est légèrement en pente et le vent souffle vers le Sud. On vole. Sur notre droite s'élèvent d'énormes monticules de terres allant du rouge au vert, avec au sommet des massifs au rebords dur et coupants. On n'a jamais roulé dans un décor pareil, on est tous émerveillés.



Dans un petit village, un gang d'enfants chevauchant des motos faisant deux fois leur taille nous alpaguent, certains accrochent nos vélos et essayent d'attraper ce qui traîne. Ils restent globalement bienveillants et nous disent au revoir au bout de quelques minutes, après l'enregistrement de mon numéro dans leur téléphone. Ils m'appelleront tous les jours pendant une semaine. “Je vous rappellerai bientôt hein.”


On réalise qu'on a roulé extrêmement vite et qu'il n'est que dix-sept heure. On finit sur les chapeaux de roues, avec cent vingt cinq kilomètres dans les pattes, à Kashan une ville étape. Exténués mais satisfaits. On arrive dans un hostel de centre ville mais celui-ci est complet. À bout de force, on négocie. Et miracle, il y a de la place… mais sur le toit. C'est parfait pour nous! On se sert la main instantanément. Ça ne nous change pas de dormir à la belle étoile. En plus, la vue sur la ville est imprenable et la nuit ne nous coûte rien du tout.



C'est le vent qui gentiment nous réveilla le lendemain matin. On avait entrevu la ville la veille, on est donc tous très curieux de la visiter. Kashan à été construite il y a plus de mille deux cents ans sur un oasis au milieu de la Perse. La verdure présente dans la ville contraste avec l'immensité du désert qui s'étend sur des kilomètres autour. Mais l'architecture est aussi particulière, le centre ville est une vraie ville de sable.




On se perd, dans ce labyrinthe formé de petits sentiers délimités par de grands murs de terre blanche. On achète deux trois vêtements adaptés dans le Bazaar central pour répondre aux règles du pays et à la météo aride. Le soir, on rencontre Saleh, un touriste de Téhéran qui nous invite à manger dans un restaurant traditionnel. À l'intérieur de celui-ci des familles entières se rassemblent pour chanter et manger, toutes orchestrées par un chanteur plein d'énergie qui porte fièrement la barbe mouche. On se prend tous au jeu.




À vingt kilomètres de la ville se trouve un désert de sable. Curieux, on décide d'aller sur les lieux en vélo pour passer la nuit. Arrivés sur place, on ne nous laisse pas passer le barrage. Les gens s'amassent autour de nous et de nos vélos. On apprend que l'accès au désert est trop dangereux en vélo. Une tempête de sable peut vite arriver et celle-ci nous empêchera de voir à plus de cinq mètres. Jusque là pas trop grave. Mais elle aveuglera aussi les conducteurs de V8 tout terrain roulant à cinquante kilomètres par heure. La collision est vite arrivée et David n’aura pas sa chance contre Goliath.


Après de bonnes négociations, on décide de payer un chauffeur des sables. Il s'appelle Askar. Un Iranien calme, avec un style indétrônable. Sa conduite est sûre malgré une route bosselée et accidentée. On est comme des fous. C’est une parenthèse rare pour tous les quatre et ça change des roulettes.


On était tous loin de s'imaginer des paysages pareils. La journée a été un festival de couleurs et d'environnements différents. Canyon, plaine, désert de sables, lac de sel, etc. On est comme des enfants, entre bagarres et cascades dans le sable. Une parenthèse qui fait du bien.





La faune était aussi au rendez-vous. On croise un troupeau de dromadaires tranquillement en promenade au milieu de rien. Ces Quasimodo ruraux sont extrêmement photogéniques. La preuve en image.




À la tombée de la nuit. On se fait inviter par une famille à boire un thé autour d'un feu. Nous sommes en plein milieu des vacances, et la plupart des familles en profitent pour voyager en Iran. Et le désert de Maranjab n'en échappe pas.



On retrouve nos vélos tard dans la nuit. On nous libère des salles de prières pour passer la nuit et on accepte avec plaisir quelques thés. On dit au revoir à notre pilote Askar et on s'endort avec des étoiles dans la tête.


Le lendemain, on retourne en ville pour visiter une fameuse cité souterraine. On se retrouve dans un lieu beaucoup plus touristique que la veille. Et il se trouve qu'on est l'attraction de l'attraction. Les gens nous prennent en photo avec ou sans notre permission. Et cerise sur le gâteau on se fait même interviewer après notre visite de la cave. Comme dit Andy Warhol, on a tous droit à notre “quart d’heure de gloire”. Mais ça épuise. On prend des glaces et on s'allonge dans un parc. On parle et on dort. Il fait trop chaud pour rouler. Fin de journée pour les "sportifs".


Le désert. C'est notre quotidien depuis quelques jours. On se réveille tôt pour pédaler le matin car en milieu de journée il fait trop chaud. Le midi, on trouve refuge dans une mosquée ou dans un restaurant pour siester. Le désert nous use et le soleil tape fort. On se sent immobile dans ces espaces qui semblent infinis. Les nombreux encouragements des voitures deviennent pareils à de fracassants bruits de timbales. En sept jours, on a parcouru plus de cinq cents kilomètres. C'est beaucoup surtout avec des conditions pareilles. Le moral du groupe s’en ressent. On est tous plus à cran, c’est pour ça que le soir on prend bien le temps de tout mettre au clair pour ne pas revenir à la situation d’il y a quelques mois.


Le soleil tape mais pas que sur nous. Un midi, on s'arrête pour manger dans un village. Plusieurs personnes viennent à notre rencontre mais un en particulier retient notre attention. Il a quarante cinq ans mais en fait la moitié, il est grand, longiligne, affiche une longue barbe drue et s'est peint de grands sourcils noirs. Il rigole et parle d'une voix chantante et aiguë. Mais surtout il a un vélo, et semble épaté de trouver des collègues ici. Alors pour nous impressionner, il commence à faire des tours de rond point. À raison d'un tour toutes les douze secondes et d'une impressionnante endurance, qui le pousse à continuer son activité pendant trente minutes, il effectue (d'après un savant calcul mathématiques) cent cinquante tours de rond point. Mais nos probabilistes misent sur plus encore.


Il abandonne finalement sa mission pour oser nous prendre de vitesse en ligne droite. Malheureusement à ce jeu là, on est plus entraînés. Fatigué, il abandonne. On ne connaît pas son nom mais je le remercie de m'avoir fait sourire.


Isfahan est proche mais il nous reste une journée à plus de cent kilomètres à parcourir avec une montée très lente et vicieuse sur plus de quarante kilomètres. On navigue dans des terres immensément grandes, où la moindre aspérité du décor est en réalité à plusieurs kilomètres. Depuis quelques jours, Richard à un genou douloureux. On a sans doute trop forcé ces derniers jours. Il est temps de se reposer.



Nos arrivés dans les villes ne sont jamais de tout repos. Mais découvrir une ville après l’effort est très gratifiant. Isfahan ou "La moitié du monde" selon le proverbe iranien, était une des plus grandes villes du monde et la capitale de l'Iran sous l'ère des Safavides il y a cinq cents ans. Tout est très vert, il y a des arbres partout. La rivière qui coupe la ville, Zayandeh Rud coule durant Nowruz (le nouvel an).


Le dernier jour des vacances, c’est le jour de la nature. Toutes les familles partent pique-niquer, et profitent des derniers jours de rivière. Car celle-ci est asséchée pendant tout le reste de l'année, sans que l’on sache si c’est par manque d’eau ou raison politique. En tout cas, les manifestations qui ont eu lieu il y a quelques semaines pour protester contre ce fonctionnement se sont faites plus que sévèrement stoppées.




On se balade dans la ville. On admire la place Naqsh-e Jahan deuxième plus grande place du monde (pour les curieux, la première se trouve en Chine… un jour promis), le quartier Armenien, Jolfa où on peut trouver des églises orthodoxes et les architectures des mosqués turquoise de la ville.




Aussi, il se trouve qu’on est le premier avril, tradition s’impose c’est l’heure du prank. On poste une story sur instagram disant qu’on a perdu nos vélos. Rien de tout cela n’est vrai mais vous êtes beaucoup à être tombés dedans. On a bien rigolé mais on est surtout très reconnaissant de tous les messages de soutien que vous nous avez envoyé.


Pendant notre séjour dans cette ville incontournable, on a la chance de nous faire héberger par une famille Isfahanaise. Les deux fils Magid (vingt quatre ans), Reza (vingt neuf ans) et leur parents. Leur maison n’est pas grande mais ça ne les gêne pas. On se serre. Le salon est entouré de fauteuils et de canapé. Au milieu, il y seulement de grands tapis sur lesquels on mange assis par terre. Nos relations sont simples et ça fait du bien. Richard passe une journée entière avec Magid pour s’occuper de son genou. Émilien discute pendant plusieurs heures avec Reza. Notre regret est de ne pas avoir assez passé de temps avec les parents. Mais leur accueil était spontané et chaleureux. Encore merci à eux.



Deux semaines résumées en quelques lignes, ne vous inquiétez pas ça passe vite aussi pour nous. Encore merci de nous lire et de suivre notre périple. Senghor vous racontera la suite la semaine prochaine. À très bientôt.


Elliott Rannou


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[ ENGLISH VERSION ] ( From Deepl, but if someone wants and has the time to do it properly, it will be with pleasure )


Tehran. Six o'clock in the morning. The capital is deserted. The terrible car traffic is stopped for a few more hours. It is at this moment, after 2 months of pause in Turkey and our few days in Iran, that we decide to get back on the saddle. Finally. It is cold but the feeling of driving our house-bikes compensates. We buy enough food for 2 days and we fill our water bottles to the brim. It takes us more than one hour and half to finally leave the metropolis and its suburbs.



Then it is a desert zone. We borrow a straight departmental road of which we do not imagine the end. We share it with trucks and cars, the majority support us with blows of horn or with greetings of the hand. Around, there is nothing or almost. A biaban, that is to say a vast expanse of earth, gravel and small shrubs. The feeling of solitude is exhilarating. It is us facing ourselves. The time passes quickly. To sleep we find refuge, in valleys probably dug by a river, sheltered from glances. The great return of the camping and the meals on stove. Does it make you dream? We do.






From now on, a handful of kilometers separate us from Qom, but a roadside restaurant makes us look at it. The tables are carpets raised a few centimeters above the ground. A man offers us some of his meal spontaneously, after several refusals, we accept, hungry. This same man proposes us to spend the night in the restaurant. It is perfect for us. He offers us then a watermelon, returns in his truck and says goodbye to us. Wait, what? A customer just offered us to sleep in a restaurant that is not his? Very loud.


Three minutes later, Jawad the manager, invites us to stay for the night. We thank him. But he absolutely wants to make us visit the city. We speak by translator, it is laborious. We are tired by our day of bicycle but we decide to follow him. He does not have a car, therefore he makes big gestures so that the cars stop. A cab comes to our rescue, the problem is that we are five and with the driver that makes six. So I have the chance to share the dead man's seat with our host. Jawad is sitting on the lever of speed, the comfort is maximum.


Arrived in town, we are made walk everywhere but impossible to pay anything. We eat a good kebab then an ice cream. Everything is very good but we do not understand, Jawad holds however a restaurant, why he wants to make us eat elsewhere? After two stopovers, it is long so we take advantage of it to make our shopping. Except that there, our host comes to the hands to pay. We are confused. We take then the time to explain him our point of view, and that our races do not fit in the hospitality. He understands and accepts that we repay him. He wants to bring us to the foot of the mountain but the day lasted enough for us, we prefer to return.



It is with a breakfast that Jawad waits for us in the morning. But we tear up quickly. "Jawad the felon" wants that we pay back him not five millions for our races but fifty millions of rials (that is two hundred euros). Ten times more. After a few exchanges, we realize that he was planning all along to make us pay. Jawad is naturally cheerful and joking and we had become attached to his character. Why ruin everything now? We pay him back our races and we leave. Refusing to give up but with a taste of bitterness and thousand questions in head.


Fortunately the bicycle allows to relativize and to forget this misadventure. The road is slightly sloping and the wind blows towards the South. We fly. On our right rise enormous mounds of ground going from the red to the green, with at the top of the massive with the hard and sharp edges. We have never driven in such a decor, we are all amazed.



In a small village, a gang of children riding motorcycles making twice their size catch us, some hang our bikes and try to grab what is lying around. They remain generally friendly and say goodbye after a few minutes, after recording my number in their phone. They will call me every day for a week. "I'll call you back soon huh."


We realize that we drove extremely fast and that it is only seventeen hours. We finish on the hats of wheels, with hundred and twenty five kilometers in the legs, in Kashan a city stage. Exhausted but satisfied. We arrive in a hostel of city center but this one is full. At the end of force, we negotiate. And miracle, there is place... but on the roof. It is perfect for us! We shake hands instantly. That does not change us to sleep in the open air. Moreover, the view on the city is impregnable and the night does not cost us anything.



It is the wind which gently woke us up the next morning. We had glimpsed the city the day before, so we are all very curious to visit it.

Kashan was built more than one thousand two hundred years ago on an oasis in the middle of Persia. The greenery present in the city contrasts with the vastness of the desert that stretches for miles around. But the architecture is also particular, the city center is a real sand city.



We get lost in this labyrinth of small paths delimited by big white earth walls. We buy two or three adapted clothes in the central Bazaar to answer the rules of the country and the arid weather. The evening, we meet Saleh, a tourist of Teheran who invites us to eat in a traditional restaurant. Inside this one, whole families gather to sing and eat, all orchestrated by a singer full of energy who proudly wears the fly beard. We all get caught up in the game.





Twenty kilometers from the city is a sandy desert. Curious, we decide to go on the place by bike to spend the night. Arrived on the place, we are not allowed to pass the barrier. People gather around us and our bikes. We learn that the access to the desert is too dangerous by bike. A sandstorm can quickly arrive and this one will prevent us from seeing to more than five meters. Until there not too serious. But it will also blind the drivers of V8 all-terrain vehicles going at fifty kilometers per hour. The collision is quickly arrived and David will not have his chance against Goliath.


After good negotiations, we decide to pay a sand driver. His name is Askar. A calm Iranian, with an unmistakable style. His driving is sure despite a bumpy and uneven road. We are like crazy. It's a rare interlude for the four of us and it's a change from the wheels.


We were all far from imagining such landscapes. The day was a festival of colors and different environments. Canyon, plain, desert of sands, lake of salt, etc. We are like children, between fights and waterfalls in the sand. A parenthesis which makes good.






The fauna was also with the appointment. We cross a herd of dromedaries quietly in walk in the middle of nothing. These rural Quasimodo are extremely photogenic. The proof in image.




At nightfall. We are invited by a family to drink a tea around a fire. We are in the middle of the vacations, and most of the families take the opportunity to travel in Iran. And the desert of Maranjab does not escape from it.



We find our bikes late in the night. We are released from the prayer rooms to spend the night and we accept with pleasure some teas. We say goodbye to our pilot Askar and we fall asleep with stars in the head.



The next day, we return in town to visit a famous underground city. We find ourselves in a place much more tourist than the day before. And it happens that we are the attraction of the attraction. People take us in photo with or without our permission. And icing on the cake we are even interviewed after our visit of the cellar. As Andy Warhol said, we all get our "15 minutes of fame". But that exhausts. We take ice creams and we lie down in a park. We talk and sleep. It is too hot to roll. End of day for the "sportsmen".



The desert. It is our daily newspaper since a few days. We wake up early to pedal in the morning because in the middle of the day it is too hot. At noon, we find refuge in a mosque or in a restaurant to have a rest. The desert wears us out and the sun hits hard. We feel immobile in these spaces which seem infinite. The numerous encouragements of the cars become similar to crashing noises of timbales. In seven days, we have covered more than five hundred kilometers. That's a lot, especially in such conditions. The morale of the group is affected. We are all more on edge, that's why in the evening we take the time to put everything in order not to come back to the situation of a few months ago.


The sun hits but not only on us. One midday, we stop to eat in a village. Several people come to meet us but one in particular holds our attention. He is forty five years old but in fact the half, he is tall, long, displays a long drastic beard and painted himself big black eyebrows. He laughs and speaks with a high-pitched singing voice. But above all he has a bicycle, and seems amazed to find colleagues here. So to impress us, he starts to ride around the roundabout. At a rate of one lap every twelve seconds and with an impressive stamina, which pushes him to continue his activity for thirty minutes, he makes (according to a clever mathematical calculation) one hundred and fifty laps of the roundabout. But our scientists bet on even more.


He finally abandons his mission to dare to take us by speed in a straight line. Unfortunately, in this game, we are more trained. Tired, he gives up. We don't know his name but I thank him for making me smile.


Isfahan is close but we still have one day with more than one hundred kilometers to cover with a very slow and vicious rise on more than forty kilometers. We navigate in immensely large lands, where the slightest roughness of the scenery is actually several kilometers away. Since a few days, Richard has a painful knee. We probably forced too much these last days. It is time to rest.




Our arrivals in the cities are always in the rush. But discovering a city after the effort is very gratifying. Isfahan or "Half the world" according to the Iranian proverb, was one of the biggest cities in the world and the capital of Iran during the Safavid era five hundred years ago. Everything is very green, there are trees everywhere. The river that cuts through the city, Zayandeh Rud, flows during Nowruz (the new year). The last day of the vacation is the day of nature.


All the families go on a picnic and enjoy the last days of the river. Because the river is dried up during the rest of the year, and we don't know if it's for lack of water or political reasons. In any case, the demonstrations which took place a few weeks ago to protest against this operation were more than severely stopped.




We walk in the city. We admire the Naqsh-e Jahan square, the second largest square in the world (for the curious, the first one is in China... one day I promise), the Armenian district, Jolfa where we can find orthodox churches and the architecture of the turquoise mosques of the city.




Also, it happens that we are the first of April, tradition is necessary it is the hour of the prank. We post a story on instagram saying that we lost our bikes. None of this is true but you are many to have fallen in. We had a good laugh but we are especially grateful for all the messages of support you sent us.


During our stay in this inescapable city, we have the chance to be hosted by an Isfahanese family. The two sons Magid (twenty four years old), Reza (twenty nine years old) and their parents. Their house is not big but it does not bother them. We squeeze in. The living room is surrounded by armchairs and sofa. In the middle, there are only big rugs on which we eat sitting on the floor. Our relationships are simple and it feels good. Richard spends a whole day with Magid to take care of his knee. Émilien talks for several hours with Reza. Our regret is that we did not spend enough time with the parents. But their welcome was spontaneous and warm. Thanks again to them.



Two weeks summarized in a few lines, don't worry it goes by fast for us too. Thanks again for reading and following our journey. Senghor will tell you the rest next week. See you soon.


Elliott Rannou

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